Breflexions
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Pensées diverses 31
Je change souvent de photo (sur ma page FB) parce que les photos ne représentent qu'un aspect partiel de nous et qu'une seule photo, quelle qu'elle soit, ne suffit pas à donner une image suffisamment significative de ce que nous sommes. Par ailleurs, je pense que nous gardons tous les âges que nous avons eus, que nous sommes encore, "derrière le rideau" (de notre présent), ceux que nous avons été. Il me paraît absurde de s'identifier à sa seule apparence présente, a fortiori si elle est moins flatteuse que les précédentes (moins de cheveux, peau moins ferme ou... parcheminée
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Tolérance
Le sens de la complexité, des différences et des nuances, est le fondement même de la tolérance. Un esprit manichéen, "binaire", qui oppose diamétralement tout, est intolérant, quel que soit le "camp" dont il se réclame. Quand on croit qu'il y a des méchants absolus, par essence, par naissance, on croit, fatalement, qu'il y a des bons absolus aussi. Alors, il n'y a plus besoin de discuter, d'argumenter, de prouver : un certificat d'appartenance au bon bord suffit.
Les étiquettes que nous collons sur elles par commodité nous empêchent de voir les choses telles qu'elles sont. Etre to
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Pensées diverses 30
Le "vous" protège de la familiarité. C'est une sorte de barrière, dont les gens de qualité se passent fort bien, mais dont les autres ont peut-être besoin pour rester courtois !
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Nous ne sommes généralement pas responsables du mal qui nous frappe, mais nous pouvons et devrions l'être de son... traitement. C'est là que se situe la vraie responsabilité : pas "en amont", mais "en aval" du mal.
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Résister à un agresseur, c'est résister au principal effet de l'agression : la régression intellectuelle et spirituelle. Surmonter cet effet-là, c'est gagner virtuellement la partie.
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Décision et contrainte
Il y a toujours une part de contrainte dans les choix que nous faisons : celui qui n'a pas d'ailes ne saurait faire le choix de l'oiseau ! La possibilité de partir incite à le faire (l'occasion fait le larron) et la difficulté de partir incite à rester ! On pourrait multiplier les exemples. Nous sous-estimons trop, quand nous ne la nions pas, la part de la contrainte dans nos décisions. C'est fâcheux, car c'est précisément dans la mesure où nous en avons conscience que nous pouvons la relativiser et décider aussi librement que possible.
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Non seulement la contrainte joue un rôle dé
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La suffisance des incomprenants
Ne pas comprendre une chose n'autorise pas à la décréter incompréhensible. Il faut avoir l'humilité de dire : "Je ne comprends pas". Celui qui dit qu'il ne comprend pas est humble, celui qui dit que c'est incompréhensible est terriblement prétentieux, et celui qui dit qu'il n'y a rien à comprendre est monstrueusement suffisant. On a le droit de rester muet devant les mystères de la vie, mais pas celui de faire de sa mutité une religion.
Il est extrêmement prétentieux de penser que le monde est inintelligible, car seul un être absolument intelligent est fondé à juger que ce
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La photo de Baudelaire
Une photo de Baudelaire par Nadar. Je regarde le poète. Je suis troublé. Pourquoi ? D'abord sans doute, parce qu'il s'agit d'un personnage prestigieux. Ensuite, parce qu'il s'agit d'un autre temps que le nôtre, d'une époque dont le mode de vie a complètement disparu. Une époque antérieure à la photo, et que la photo, entre autres innovations techniques, a contribué, justement, à faire disparaître. Autrement dit ce qui aurait permis de voir cette époque "en réalité" (par opposition à en... peinture) est ce qui en a causé la disparition ! D'où, les rares photos qu'on a de ce tem
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L'espoir
L?espoir n?est pas l?absence de crainte
mais la crainte surmontée
Il n?est pas l?absence de plainte
mais la plainte transformée en chant
L?espoir n?est pas la certitude du meilleur
mais l?appréhension du pire contrebalancée
L?espoir n?est pas l?insouciance
mais le souci combattu par la raison et la foi conjuguées
L?espoir n?est pas le sommeil de l?esprit
mais son plus haut degré d?éveil
La confiance est la conscience
dans sa plénitude
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Le hasard et la vie
Les jours se suivent sans jamais se ressembler : il n'y a pas plus de jours identiques que d'empreintes digitales semblables. La vie est une perpétuelle invention. Le hasard, l'imprévu, l'inattendu, est l'essence même de l'existence : si les jours se reproduisaient, il n'y en aurait qu'un seul, c'est-à-dire pas de vie.
Mais ce hasard qui tisse nos vies, qui les fabrique, qui nous construit, ce hasard intelligent et créateur, ce hasard permanent, régulier peut-il être un hasard, c'est-à-dire n'importe quoi ? D'ailleurs, n'importe quoi est-il possible ? Que signifie n'importe quoi ? Tout
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De Dieu
Dieu ne peut être que bon, la bonté étant l'essence même de la divinité. Le problème, c'est qu'il n'est pas tout-puissant, en tout cas au sens où nous l'entendons. Si Dieu est infini, il est donc imparfait. Dieu, parce qu'il est illimité, a toujours des limites, des limites qu'il dépasse sans cesse, mais qui, comme l'horizon, quand on avance vers lui, ne font que se déplacer.
Le "mal", ce sont ces limites, ces frontières de la puissance divine, qu'il finit toujours par franchir. La Création est un combat incessant contre les limites, la finitude. Le "mal" ne prouve pas l'inexistenc
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Pensées diverses 29
"Préférer", c'est, au fond, vouloir remplacer une chose par une autre, trouver qu'il y a une chose, des choses de trop, ne pas aimer, comprendre, la diversité, c'est-à-dire la vie. La "préférence" a quelque chose de mortifère. Je ne préfère rien : je m'efforce de tout concilier, de donner un sens et de faire une place à tout, même - surtout ! - au pire. C'est peut-être ça, concrètement, la philosophie.
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Le fond des choses ne change pas; c'est leur forme qui change, sans cesse. Selon qu'on considère le fond ou la forme, on peut dire de la vie qu'elle est un perpétuel recommence
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